Boycott Trend Micro

Merci de prendre en compte que les textes de ce site web ont été écrits bien avant que le Parlement européen ait rejeté, le 6 juillet 2005, la proposition de directive sur les brevets logiciels. Les textes de cette campagne web seront mis à jour ulétrieurement.

Racket

On dénombre trois groupes distincts voulant soutirer de l'argent à l'industrie informatique sous prétexte de protection: le système des brevets lui même ; les entreprises qui ont pour modèle d'affaires la production de plaintes judiciaires et non de produits ; et les grandes sociétés.
La "mafia des brevets" extorque de l'argent sous prétexte de protection d'une manière étonnamment similaire au racket qu'on rencontre dans la réalité. Si un gang de criminels veut soutirer de l'argent à un propriétaire de restaurant, ils envoient quelqu'un pour lui expliquer le "besoin" d'être protégé. Si ce message n'est pas compris, ils envoient d'autres criminels qui démolissent le restaurant pour bien montrer la nécessité d'accepter leur offre. Il n'y a rien de mal à vendre des services de protection mais c'est dégoûtant si quelqu'un crée le problème uniquement pour vendre la "solution".

Certains avocats spécialisés en matière de brevets disent que les entreprises devraient simplement consacrer un certain niveau de ressources, de l'ordre de 10% de leur profits, à la protection par des brevets. Ce qu'ils ne disent pas est que la meilleure alternative serait d'éliminer complètement la nécessité de telles dépenses. Le système des brevets peut être acceptable dans quelques situations mais il n'y a pas de raison de l'étendre aux logiciels, qui sont déjà très bien protégés par les droits d'auteur. Et le monde n'a certainement pas besoin de tous ces millions de brevets qui sont en application aujourd'hui. Ici, moins serait un plus.

"Oracle est forcé de canaliser une portion significative de ses ressources financières dans la protection de ses biens par des brevets, au lieu d'utiliser ces ressources pour améliorer et étendre encore plus ses produits logiciels."
Politique d'Oracle Corporation sur les brevets
Au détriment du reste de l'économie, certaines entreprises ont fait de la mise en application des brevets leur activité principale ou leur objectif d'affaires exclusif. En d'autres termes: ils produisent des plaintes judiciaires sur des brevets au lieu de véritables produits. Eolas a fait les grands titres avec une première décision de justice qui condamnait Microsoft à verser environ 500 millions d'euros d'indemnités à cette entreprise composée d'une seule personne. Il existe une autre forme de profiteurs de brevets : des entreprises qui possèdent quelques brevets, vestiges d'un passé plus glorieux. Un célèbre exemple est Unisys, qui était une entreprise informatique très importante mais qui, depuis, a perdu de sa pertinence. Son département juridique, qui était assis sur des brevets relatifs au populaire format de fichier graphique GIF, a dépassé le département des ventes en termes de capacité à générer de nouvelles affaires.

Cela donne évidemment des raisons de s'inquiéter sérieusement qu'il n'y ait une tendance irrésistible à l'industrialisation des bénéfices tirés des brevets. Avec Acacia et Forgent, le monde a maintenant deux entreprises commerciales de notoriété publique, chacune d'elles ayant des millions d'euros en banque, qui génèrent la majeure partie de leur revenus en appliquant des brevets. Acacia ne fait qu'acquérir et commercialiser des brevets. Forgent a un petit commerce de publication de logiciels mais les 90% de ses revenus proviennent de l'application de brevets. Le brevet principal de Forgent concerne une technique qui est utilisée en rapport avec le format de fichier graphique JPG.

Grove, [président] d'Intel, ridiculise de tels détenteurs de brevets pour leur manque d'intérêt à produire des biens avec leurs inventions en faveur d'une demande de rémunération pour des concessions de licences à d'autres. "On les appelle des trolls", a-t-il dit.
The Washington Post
Ce genre d'entreprises non seulement font valoir ces brevets contre les éditeurs de logiciels mais également contre les utilisateurs. Par exemple, Acacia a pris l'initiative de réclamer à chaque université des États-Unis 5 000 dollars si elles offraient des services d'enseignement à distance avec de la diffusion en continu (streaming) de vidéo sur Internet.

Il n'y aurait rien de condamnable dans ce concept si les entreprises en question étaient des innovateurs majeurs qui épargnaient aux autres l'effort de réinventer la roue. Malheureusement, ce n'est pas le cas. La seule raison pour laquelle des entreprises pourraient être forcées de payer ces profiteurs et racketteurs est que ces derniers étaient les premiers à enregistrer une idée. La valeur d'un brevet est d'autant plus importante pour ces profiteurs et racketteurs que sa portée est large. Toutefois, si elle est très étendue, une protection par un brevet n'aurait jamais dû être accordée. Ainsi, la manière dont se déroule le jeu est que les avocats spécialisés en brevets font de longues descriptions d'idées simples de manière à ce que des choses triviales et de large portée aient l'air impressionnantes aux yeux des examinateurs de brevets. Certains brevets se composent d'une douzaine de pages ou plus mais peuvent être "violés" par une seule ligne de code de programmation.

Cliquez ici pour savoir pourquoi les brevets logiciels posent des risques substantiels aux investissements et pour cette raison les découragent.



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